Le REEE ou la poule aux œufs d’or

On ne le répétera jamais assez : le Régime enregistré d’épargne-étude (REEE) est probablement le plus grand cadeau que le gouvernement a fait aux familles canadiennes. Pourtant, il est peu utilisé.

Selon Statistique Canada 67,5 % des enfants de 0 à 17 ans ont le l’épargne pour faire des études postsecondaires et 69,3 % d’entre eux ont un régime enregistré d’épargne-études (REEE). Combinons ces deux chiffres et nous voyons que seulement 47 % des enfants ont un REEE.

C’est choquant. Le gouvernement a mis sur pied un régime absolument fantastique, une véritable poule aux œufs d’or pour les familles, et plus de la moitié des familles passent complètement à côté.

Le REEE, c’est quoi?
Le REEE est un compte enregistré (comme le CELI et le REER) dans lequel vous pouvez cotiser pour les études de vos enfants. Là où il est fantastique, c’est que les gouvernements fédéral et provincial y contribuent eux aussi en fonction de vos cotisations (20 % et 10 % respectivement).

Bien sûr, il y a des conditions. Vous ne pouvez pas y cotiser plus de 50 000 $ par bénéficiaires. De plus, les subventions gouvernementales ne sont que sur les 2 500 $ premiers dollars chaque année (avec possibilité de rattraper les années passées, mais pas plus d’une à la fois) et les subventions totales plafonnent à 7 200 $ pour le fédéral et 3 600 $ pour le provincial.

Bref, vous pouvez aller chercher toutes les subventions possibles sans même maximiser le REEE. Après 36 000 $ d’investissement, vous aurez reçu toutes les subventions et, à ce moment, il est possible que le REEE soit moins avantageux qu’un autre placement plus flexible comme le CELI.

Une petite astuce, pour profiter au maximum des intérêts composés, vous voudrez cotiser le plus tôt possible, idéalement dès la naissance de l’enfant. Donc 2500 $ par an de la naissance de l’enfant jusqu’à ses 13 ans, et un dernier 1 000 $ à ses 14 ans, pour un total de 36 000 $.

Finalement, là où c’est le plus avantageux, est qu’au moment de décaisser le REEE, vous pouvez reprendre vos cotisations, mais les subventions et les intérêts seront versé aux bénéficiaires (normalement votre enfant) sous forme de Paiements d’aide aux Études (PAE). Et, normalement, un étudiant à un faible revenu de sorte que ces gains ne seront que peu ou pas imposables.

Là où je me sens presque criminel d’utiliser le REEE, est que le 2500 $ par année nécessaire pour aller chercher le maximum de subventions s’avère être un montant inférieur aux allocations familiales que nous recevons. Nous avons 2 enfants, nos allocations familiales totalisent 12 000$. Et si on prend 5000$ de ce montant (2500$ par enfants), le gouvernement nous donne 1500$ de plus. Et cela pendant plusieurs années et avec des intérêts composés!

Sérieux!? Je répète car c’est trop fou. Le gouvernement nous donne une allocation non imposable; et, si nous en prenons une petite partie pour l’investir dans le REEE, il ajoute une subvention supplémentaire que nos enfants pourront retirer libre d’impôt pour leurs études. De l’argent gratuit pour avoir investi de l’argent gratuit! C’est une roue qui se graisse toute seule et il faudrait être fou pour s’en passer.

Et, pour les familles défavorisées, il y a d’autres bonifications possibles telles qu’un 500 $ à l’ouverture des RÉÉÉ et 100 $ par année jusqu’à ce que l’enfant ait 15 ans. Donc même si vous êtes loin d’avoir les moyens de maximiser le REEE, il en vaut quand même la peine.

Comparaison
Tel que mentionné précédemment, seulement 69,3 % des enfants ayant de l’épargne pour les études ont un REEE. Je trouve un peu particulier que plus de 30 % des épargnants décident de ne pas profiter des subventions du gouvernement.

Je vais donc supposer deux familles faisant exactement le même investissement. Soit 2500 $ par année entre les âges de 0 et de 13 ans et 1000 $ à 14 ans de manière à aller chercher la subvention maximale. Et, on laisse cela croire jusqu’à ce que l’enfant ait 18 ans. Je vais aussi supposer un rendement de seulement 5 % puisque je crois que la majorité des familles voudront prendre des placements plutôt sécuritaires pour le REEE.

Pour la famille qui cotise hors REEE. Leur contribution totale de 36 000 $ croîtra jusqu’à 64 000 $.

Pour la famille qui utilise le REEE, le montant final atteindra 83 000 $.

Donc, en négligeant de prendre la subvention de 10 800 $, on se retrouve avec 19 000 $ de moins. Le rendement sur la subvention est presque aussi important que la subvention elle-même. Et plus votre rendement est élevé, pour la différence sera importante.

Et si l’enfant ne poursuit pas les études?
Voici la crainte de tous les parents que leurs contributions soient perdues si l’enfant décide de ne pas faire d’études supérieures. Sachez cependant qu’il existe plusieurs options.

– Attendre : le REEE peut rester ouvert jusqu’à 36 ans, peut-être que votre enfant changera d’idée plus tard.
– Verser l’agent à un frère ou une sœur, sans dépasser leur limite de cotisation.
— Fermer le REEE, vous devrez alors rembourser les subventions, mais vous pourrez récupérer vos cotisations. Il y aura cependant un impôt supplémentaire à payer sur le rendement. Si vous avez l’espace REER (ou REEI) nécessaire, il peut être possible de faire un transfert et d’ainsi sauver l’impôt.

L’important ici est surtout de retenir que vos cotisations sont à l’abri. Vous ne risquez donc pas de perdre de l’argent avec un REEE.

Notons cependant que, dépendamment de votre type de REEE (individuel, familial ou collectif) il pourrait y avoir des complications pour certaines de ces options. Souvenons-nous des nombreux scandales qui ébranlés les REEE collectifs dans les dernières années.

En conclusion :
Si vous avez des enfants, le REEE est un placement incroyable. Avec des subventions de 30 %, des intérêts composés sur vos cotisations en plus des subventions, la possibilité de le retirer à l’abri de l’impôt et un capital garanti, je ne vois pas ce qu’on pourrait demander de plus.

Tant qu’à épargner pour les études de vos enfants, pourquoi vous priver de tous ces avantages?

2 commentaires sur « Le REEE ou la poule aux œufs d’or »

  1. Bonjour.
    Merci pour l’article.
    Mon conseiller de la banque ma dit que même si l’enfant ne poursuivait pas les études, ont pouvait l’inscrire a un DEP et payer l’inscription (environ 1300$) pour ainsi retirer le montant total sans remboursé les subventions. est ce que cette affirmation est véridique ?

    Merci de votre temps

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    1. C’est partiellement vrai. Il faut une preuve de fréquentation scolaire et, de mémoire, il y a aussi une durée minimum de fréquentation (3 semaine de 10 heure par semaines ou qqch comme ça). Mais oui, c’est une manœuvre possible, il faut juste s’assurer que tous les critères soient rencontrés.

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