Le ridicule ne tue pas. Une chance pour certains conseillers financier.

En faisant nos impôts cette année nous avons eu une heureuse surprise. Nous avons appris que le régime de retraite de ma conjointe chez son précédent employeur était plus important que nous ne le croyions. Pour sortir ce montant du régime dans lequel il se trouvait, plusieurs options s’offraient à nous et nous avons dû contacter le conseiller de l’institution financière de ma conjointe. Puisque je ne veux pas identifier cette institution, je vais employer le mot « banque » pour la suite du texte, mais sans exclure qu’il puisse s’agir d’une caisse populaire.

Notons que pendant cette conversation, je jouais au parc avec les enfants, donc je n’y ai pas pris part. L’appel lui-même s’est bien déroulé et ma conjointe est parvenue à faire la transaction qu’elle désirait. Mais, bien sûr, le conseiller en a profité pour tenter de lui vendre d’autres produits pour la planification de sa retraite.

Il la questionne ainsi sur nos finances, nos connaissances en matière d’investissement, et nos objectifs et stratégies pour la retraite.

Ma conjointe lui explique tout cela. Elle gagne environ 28 000 $ brut par an. Nous visons un taux d’épargne de 60 % de nos revenus nets et la plupart de nos investissements sont dans des FNB indiciels. Nous espérons un rendement moyen de 9 % annualisé, mais on base nos calculs sur 7 % pour plus de sécurité. Son REER est presque maximisé en raison des régimes de retraite de ses précédents emplois que nous y avons transférés ; elle favorise donc le CELI. Elle lui explique aussi que je suis fonctionnaire fédéral et donc que j’ai un bon régime de retraite. Le conseiller se montre impressionné et ma douce lui explique que nous visons FIRE.

Évidemment, il tente de nous fixer un rendez-vous avec un planificateur pour la retraite, ce que ma conjointe refuse, et il se rabat en proposant de nous envoyer une trousse questionnaire pour nous aider à évaluer notre situation. Ma conjointe accepte.

Sauf que, ce n’est pas une trousse questionnaire que nous avons reçu, mais plutôt un document intitulé « plan financier » dans lequel on retrouve un résumé de la situation de ma conjointe et des propositions de produits et de stratégies pour l’aider à atteindre la retraite. Et honnêtement, ce document était tellement ridicule que les mots me manquent.

Êtes-vous prêt à voir le plan de son conseiller ? Heureusement que le ridicule ne tue pas.

On lui propose un fonds mutuel conservateur, dans un REER (le mot CELI n’apparaît même pas dans le document) rapportant en moyennant 3,40 % par an afin d’atteindre un capital de 1 728 865 $ et de générer des revenus annuels de 37 005 $. Son conseiller considère qu’elle a présentement 10 756 $ en placement pour la retraite (un chiffre complètement faux puisqu’il ne compte que l’un de ses 2 REER et ignore totalement ses CÉLI et autres investissements qui sont pourtant chez la même institution !) On lui propose alors d’investir 564 $ par semaine pendant 30 ans et de prendre sa retraite à 65 ans (donc dans moins de 32 ans).

Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer !

Premièrement, si je rentre ces chiffres dans une calculatrice financière, je n’arrive pas au même résultat. Un montant actuel de 10 756 $, auquel on ajoute 564 $ par semaine pendant 30 ans, à 3,40 %, et que l’on retire dans 32 ans, me donne un total de 1 651 106 $… pas 1 728 865 $. Ce n’est pas une grosse différence, mais ça me force à me questionner. Il est possible que ma calculatrice ne soit pas bonne, ou celle du conseiller, ou encore les deux. Mais ça nourrit mon scepticisme.

Mais, plus encore, considérant que ma conjointe lui a parlé de notre stratégie, en fonds indiciel, et qu’il a acquiescé lorsqu’elle lui a dit que, considérant son âge, un portefeuille conservateur n’était pas une bonne option pour elle, je ne comprends pas pourquoi il nous propose un tel fonds. En fait, je pense savoir pourquoi ! Il charge environ 2,5 % de frais de gestion dans ces fonds. Est-il possible qu’il cherche à faire bénéficier sa banque plus que le client ? Sérieusement, pourquoi nous proposer pire que ce que nous faisons déjà ?

Prêt pour la cerise sur le sundae ? Il propose à ma conjointe d’invertir 564 $ par semaine, alors qu’elle gagne 28 000 $ brut pas an. Vous voyez le problème ? Elle gagne 538 $ brut par semaine (28 000/52). Comment veux-tu qu’elle investisse plus que son salaire brut ? C’est quoi le plan, travailler au noir et frauder l’impôt ? Non merci. Et comme l’objectif est de produire des revenus annuels de 37 000 $, clairement c’est un objectif individuel plutôt que de couple. Mais quel ridicule ! Sérieusement, comment peux-tu me faire croire être compétent dans ton domaine lorsque tu recommandes à ton client d’investir plus que son salaire brut ? Et, pire encore, de l’investir dans un REER qui ne possède pas l’espace nécessaire pour le faire.

Alors on s’entend, 1) ce conseiller ne nous à jamais envoyé le questionnaire proposé ; 2) a profité de l’occasion pour tenter de nous vendre des produits que nous avons déjà refusés ; 3) n’a pas tenu compte de notre stratégie d’investissement ni de notre profil d’investisseur ; 4) s’est avéré incapable de faire le total des investissements de ma conjointe ; 5) ne propose que le REER, même si le CÉLI pourrait être plus avantageux dans son cas ; 6) fait des maths douteuses ; 7) nous propose un rendement de loin inférieur à celui que nous faisons déjà, malgré que cela ait été discuté directement, et surtout, 8) lui recommande d’investir plus que son salaire brut.

RI-DI-CU-LE !

Que faut-il en retenir ? Méfiez-vous des conseillers financiers, que ce soient ceux de votre banque ou qu’ils soient indépendants. Ils ne sont pas tous compétents et certains cherchent leur propre bien plutôt que le vôtre. Heureusement, ils ne sont pas tous comme cela. Par exemple, j’ai toujours été bien conseillé par celui que j’ai présentement, alors que c’est un conseiller de ma banque. Notons par contre que j’ai demandé de changer 3 fois en 2 ans avant d’être satisfait.

Soyez sceptique, posez des questions et n’hésitez pas à contre-examiner les propositions de votre conseiller.

2 commentaires sur « Le ridicule ne tue pas. Une chance pour certains conseillers financier. »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :