Ma position sur l’échiquier politique

En règle générale, j’essaie d’éviter de parler de politique sur mon blogue. Cependant, comme les finances y sont étroitement liées, il m’arrive d’effleurer le sujet sans y entrer en profondeur.

Considérant que j’ai quelques billets plus sociaux qui s’en viennent et que les élections ont été déclenchées, je trouve important d’être transparent et d’afficher ouvertement mon orientation politique. C’est pourquoi je fais une petite exception aujourd’hui.

Mon parcours politique

La politique a toujours été un sujet qui m’a passionné, par contre, mes opinions ont énormément changé dans le temps.

Au CÉGEP, comme tout bon étudiant, je penchais à «gauche». J’ai participé à bon nombre de manifestations contre le gouvernement Charest ainsi pour la gratuité scolaire. J’étais impliqué dans le comité de mobilisation politique du CÉGEP et j’avais ma carte de membre du Bloc Québécois.

C’est par contre aussi le moment où j’ai commencé à désenchanter avec la «gauche». Plus je m’intéressais à l’économie, plus je m’éloignais des idées marxistes. Mais, c’est à l’Université que ma pensée s’est vraiment développée.

L’un de mes enseignants (ouvertement un libéral de gauche), voyant que je défendais souvent des idées ultralibérales ou libertariennes, m’a fait plusieurs recommandations de lectures, dont Anarchy, State and Utopia de Robert Nozick. J’ai commencé alors à me rapprocher encore plus des idées libertariennes, mais sous une forme modérée. Par exemple, contrairement aux libertariens purs et durs, j’étais d’accord pour que les infrastructures, l’éducation et la santé demeurent sous la responsabilité de l’État. Je tiens à signaler mon énorme respect pour ce professeur qui encourage l’autonomie de ses étudiants même s’ils sont d’un avis opposé au sien. Une fois mon baccalauréat terminé, il a d’ailleurs accepté d’être mon directeur de maîtrise et je tiens sincèrement à le remercier pour son aide précieuse et l’influence positive qu’il a été dans ma vie.

Pour en revenir au sujet principal, durant ce temps, le Parti conservateur laissait beaucoup de place à sa branche plus libertarienne et je me suis impliqué dans l’organisation de ma circonscription pendant quelques années. Cependant, une fois Harper devenu majoritaire, la branche libertarienne a perdu de son influence au profit des dinosaures conservateurs classiques qui s’intéressaient plus aux questions sociales qu’aux enjeux économiques. Il faut croire que ce parti n’avait plus besoin de nous maintenant qu’il avait une majorité. J’ai commencé à désenchanter et je n’ai pas renouvelé ma carte de membre. C’était la dernière fois que je m’impliquais directement en politique, mais je n’exclus pas d’y retourner un jour.

Finalement, avec mon emploi au gouvernement, je vois souvent des gens qui, en raison d’un coup de malchance, se retrouvent dans la misère totale et je réalise également tout le bien que les programmes sociaux peuvent leur apporter. Je me suis également impliqué dans notre syndicat pendant un certain temps.

Alors, suis-je de «gauche» ou de «droite»?

J’ai un ami qui se moque de moi depuis quelques années en me disant que je deviens de plus en plus à gauche : ce qui n’est probablement pas faux. Je sais que s’il visite mon blogue, il se reconnaîtra.

Cependant, je veux d’entrée de jeu rejeter les étiquettes de «gauche» et de «droite» qui ne veulent presque rien dire et qui ne font qu’enliser le débat dans une série de préjugés. Ces termes ont souvent changé dans l’histoire et une importante confusion existe toujours.

Par exemple, selon certains la gauche est étatique alors que la droite prône la liberté individuelle.

Liberty vs. Authoritarian Political Spectrum : reddit.com

Pour d’autres, c’est plutôt un spectre allant d’une gauche radicale à une droite réactionnaire.

left-right political spectrum | abynorml29 | Flickr

Ce sont probablement les deux versions les plus communes de ce spectre, mais il en existe une multitude d’autres possible de sorte que, même si nous pensons tous savoir ce qu’est la «gauche» et la «droite», il est possible que nous n’utilisions pas la même définition et que cela contribue à une incompréhension entre les positions. Par exemple, regardez les deux images ci-dessus: l’une positionne le nazisme à gauche et la seconde à droite.

Et, lorsqu’on mêle les finances à cette question, cela devient encore plus confondant. Par exemple, un libertarien pourrait très bien être de centre gauche (progressiste) selon une version du spectre et à l’extrême droite selon une autre (antiétatique et proliberté individuelle).

Bref : utiliser un spectre «gauche droite» encourage la pensée binaire et amène souvent à ne pas faire les nuances nécessaires ainsi qu’à caricaturer les positions opposées. Voilà pourquoi j’évite autant que possible d’utiliser ces termes,

Au minimum, j’aime utiliser 2 axes plutôt qu’un seul : un axe économique (gauche droite) et un axe politique (libéral — autoritaire) comme le fait la Boussole politique.

Ce n’est pas parfait, mais l’ajout de ce 2e axe permet de faire beaucoup plus de nuances et diminue les risques de caricaturer les autres positions.

Mon résultat :
J’aime refaire ce test de temps à autre pour voir mon évolution dans le temps. Et, je sais que, depuis que j’occupe mon emploi au gouvernement, et que je réalise à quel point certains Canadiens ont besoin de notre aide, je prends une tangente de plus en plus étatique alors que j’étais vraiment plus du côté libertarien il y a quelques années.

Sans plus attendre, je refais le test (et vous invite à en faire autant en suivant ce lien)

Alors là, je suis surpris du résultat. Si ma mémoire est bonne, je suis à peine plus à gauche que lorsque je l’ai fait la dernière fois il y a environ 2 ans.

Bref, bien que je reconnaisse l’importance et la légitimité des interventions de l’État, autant sociales qu’économiques, je voudrais que cette intervention soit le plus limitée possible et qu’elle évite d’entraver les libertés individuelles.

Si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à faire le test et à partager le résultat. Nous pouvons même en discuter dans le respect et je suis certains qu’on peut tirer des apprentissages les uns des autres.

Et pour cette élection?

Je vous partage également mon résultat de la Boussole électorale de Radio-Canada.

Remarquez la différence avec la boussole politique : l’axe vertical est ici un axe social (conservateur — progressiste) plutôt qu’un axe libéral – autoritariste. Cela explique ma position très différente entre ces deux tests.

Comme vous pouvez le voir, mon niveau d’accord avec les différents partis ne dépasse jamais 60 % et je me considère quelque peu comme un orphelin politique.

Honnêtement, je ne sais pas pour qui je vais voter : je n’ai pas encore lu les plateformes des différents partis et je n’ai toujours pas la liste des candidats dans ma circonscription.

Je ferai mon choix lorsque je serai mieux informé et que la campagne aura progressé; et, désolé pour les curieux, je vais le garder secret.

En conclusion

Maintenant que j’ai affiché publiquement ma position sur l’échiquier, je vous invite à la prendre en considération lorsque je fais des billets plus sociaux ou politiques puisqu’il est possible que j’ai des biais dont je ne suis pas pleinement conscient. Mon but n’est absolument pas de vous influencer, bien au contraire, et c’est pourquoi je pense que cette transparence est importante.

Une autre raison qui m’a poussé à partager mes opinions politiques est que je crois que, tout comme les finances, il est important d’abattre ce tabou afin d’avoir des discussions plus saines et permettant de véritables échanges. D’ailleurs, je le répète, ne vous gênez par pour partager vos résultats et en discuter tant que ça demeure respectueux.

2 commentaires sur « Ma position sur l’échiquier politique »

  1. Allo!
    Je suis contente de lire ton article. J’ai été, moi aussi, assez libertarienne dans une autre vie. J’ai réalisé depuis que si on ne protège pas la différence, on va devenir de moins en moins tolérants. Je n’ai pas de statistiques ni d’études, mais j’ai l’impression que l’intolérance est un facteur qui influence le niveau de violence d’une société.
    Quand les gens dans mon entourage chialent contre les impôts qu’ils paient, contre les « BS » qui se « pognent le cul sur ma paie », je leur répond que quand je regarde aux Etats-Unis ou ailleurs, je me rend compte que la paix sociale est grandement affectée quand certaines personnes n’ont plus rien à perdre.
    Ce qui fut le clou dans le cercueil de mon « libertarisme », c’est la pandémie. Le « moi je m’en fou, je porte pas le masque, je me fais pas vacciner, c’est des complots pour nous contrôler, je fais ce que je veux » m’a particulièrement révoltée. Voici un exemple assez spectaculaire où le bien commun et les libertés individuelles s’affrontent. Et clairement, je penchais naturellement vers le bien commun. L’inconfort d’un masque et d’un vaccin contre des centaines de morts, pour moi, la question ne se posait même pas.
    Pour ce qui est du conservatisme social, je le fuis comme la peste. J’ai vécu en Alberta assez longtemps pour voir des gros posters de fœtus morts sur des viaducs d’autoroute, et de constater à quel point le conservatisme social est proche du totalitarisme; c’est Jesus qui a raison, c’est mon interprétation de la Bible qui est la bonne, et j’impose mon interprétation au nom de mon Dieu. Pourtant, dans ma tête, le message le plus important de Jesus, c’était d’aimer son prochain, mais bon…
    Quand on me dit que je m’en fait pour rien, je leur dis de regarder les États Unis pour voir… je ne veux pas faire partie de la dernière génération de femmes à avoir plus de droits que la génération suivante. Même si je n’ai pas d’enfants, il est hors de question que je ne me batte pas pour garder nos acquis.

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  2. Merci pour ton partage, je penses que plusieurs médias devraient afficher ainsi leurs tendences. Car comme tu l’as dit, cela peut influencer les perceptions de l’auteur. Dire que quelqu’un (journaliste) est entièrement neutre, n’est pas réaliste.
    Il me semble de plus en plus difficile de discuter des enjeux gauche/droite sans tomber dans les extremes et le jugement. C’est pourtant pour moi clairement une question de valeur, il n’y a pas de bonnes ou mauvaises réponse.
    Pour ma part, je suis assé loin a droite sur ces tests de boussole.

    Aimé par 1 personne

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