La fidélité à son employeur

Ma conjointe vient de changer d’emploi!

Je saisis donc la balle au bond pour vous parler de la fidélité à son employeur : une chose que nous surévaluons trop souvent.

Mais tout d’abord, regardons le cas de ma conjointe.

Afin de faciliter la conciliation travail-famille, elle pensait changer d’emploi, mais n’a pas encore fait de recherches actives. Cependant, une connaissance lui a proposé un emploi après la démission de sa secrétaire. Visiblement le réseautage c’est payant!

Elle préférerait que je ne dévoile pas les détails, mais résumons les grandes lignes :
– 2,00 $ de plus par heure;
– 9 heures de plus par semaine;
– un horaire de travail convenant mieux à la vie familiale;
– 3 semaines de vacances payées, alors qu’elle n’en avait aucune avant.

Quelle belle amélioration!

Lorsqu’elle a annoncé la situation à son employeur, celui-ci a été clair à l’effet qu’il ne pouvait pas égaler ces conditions.

Cela m’a rappelé ma situation lorsque j’ai quitté mon employeur précédant, où je faisais du développement pédagogique pour un musée. En quittant cet emploi pour devenir fonctionnaire, j’augmentais mon salaire annuel de 26 000 $, je gagnais la garantie de travail à l’année, des congés payés, des assurances, un régime de retraite, etc. Ce nouvel emploi améliorait tellement mes conditions que je ne pouvais tout simplement pas le refuser.

Dans ces situations, le choix logique est évident : il faut quitter son employeur et accepter la nouvelle offre. Mais, pourtant, ça nous prend aux trippes et on se sent mal, comme si on trahissait cet employeur qui nous a donné notre chance.

Mais, j’aimerais que vous pensiez à ceci : ce n’est pas parce que vous quittez un emploi que vous êtes déloyal. Parfois, il faut saisir une opportunité et prendre un chemin différent. Un bon employeur comprendra cela et ne vous en voudra pas; au contraire, il vous félicitera pour votre succès.

Cependant, il faut considérer que, bien souvent, être fidèle à son employeur ne paie tout simplement pas. Peut-être aurez-vous une semaine de vacances de plus après quelques années, ou vos augmentations de salaire suivront l’inflation, mais vous risquez d’avoir peu de gains significatifs.

Cependant, si vous voulez vraiment améliorer votre situation, il faut augmenter votre valeur sur le marché du travail. Et, la valeur est déterminée par l’offre et la demande.

Offre et demande — Wikipédia


Quand vous restez aveuglément fidèle à votre employeur et que vous refusez d’aller voir ailleurs, il n’y a qu’une seule demande pour vous, alors qu’en postulant à plusieurs endroits, vous générez plus de demandes pour votre offre. Je sais, ce n’est pas sexy d’en parler en termes mathématiques, mais c’est quand même assez représentatif des faits.

Assurez-vous vous de faire des formations pour ajouter des cordes à votre arc et améliorer votre offre et vous démarquer du lot; et postulez pour intéresser d’autres employeurs et générer de la demande. C’est ainsi que vous augmenterez votre valeur!

Il est important de jouer sur ces deux axes afin d’aller chercher les meilleures conditions possibles.

Et il ne faut pas oublier que ce que l’employeur peut vous offrir n’est pas nécessairement que monétaire : l’horaire de travail, les avantages sociaux, l’environnement de travail, le sentiment de valorisations et les possibilités d’avancement sont aussi des éléments participants à leur offre.

Et si vous êtes employeur : il devient plus de jamais essentiel de fidéliser vos employés. Les coutumes ont changé et les nouvelles générations ont saisi que la fidélité ne paie pas. En effet, il semblerait que les millénariaux l’ont bien compris : «40 % d’entre eux envoient des CV même s’ils occupent un emploi.»

Pour ma part, considérant mes menottes dorées au gouvernement, je ne pense pas changer d’employeur de si tôt. Cependant, je peux toujours me développer au sein de la fonction publique en allant chercher de nouvelles formations et en me déplaçant d’un département à l’autre pour aller chercher de meilleures opportunités d’avancement.

Sur ce, je veux entendre vos histoires; vous a-t-il déjà été payant de rester fidèle à votre employeur, ou quand avez vous nettement amélioré votre situation en changeant d’emploi? Et, pour les employeurs, comment réussissez-vous à garder la fidélité de vos employés dans le contexte actuel?

4 commentaires sur « La fidélité à son employeur »

  1. Je pense que tu as raison sur le fond, mais ça dépend aussi de facteurs tels qualité de vie et respect donné par la hiérarchie en place. Quand on parle de « secrétaire » (adjointe), il faut d’après moi une entente quasi parfaite avec ton/ta supérieur(e). Ça prime sur tout le reste, c’est comme un couple. Je fais ce travail depuis des années et j’ai galéré pour en trouver un qui me convienne à un très bon salaire pour une adjointe et conditions décentes. J’ai une patronne en or, je travaille de chez moi quasi tout le temps et j’ai plus de 50. Si je veux faire plus, ça va être 7 jours/semaine de dispo… Je continue d’augmenter ma valeur en suivant les formations offertes par l’emploi et en étudiant à temps partiel dans le domaine langagier. Si un jour je dois partir, j’aurai en mains ce qu’il faut. Le manque de stabilité, ça finit par épuiser aussi. C’est moins fatigant économiser que gagner plus. Mais je regarde régulièrement même si je n’ai aucune espèce envie de quitter, de près ou de loin. Ça permet de voir la « valeur » qu’on a sur le marché. Et la loyauté, c’est d’abord à soi-même qu’on se la doit.

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  2. Moi aussi je suis fonctionnaire au fédéral et la question de la fidélité me taraude. Dans mon milieu, les gestionnaires recrutent des employés de d’autres équipes même lorsqu’ils ne cherchent pas d’emploi, ce qui place les employés dans les meilleurs conditions pour négocier, mais mène à beaucoup de roulement de personnel (toujours au sein de la fonction publique, les gens se promènent…).

    Est-ce que vous considérez que changer d’équipe au sein du gouvernement fédéral, c’est changer d’emploi ? Avec votre formulation « considérant mes menottes dorées au gouvernement, je ne pense pas changer d’employeur de si tôt », on dirait que vous pensez que changer d’équipe ou de département au sein de la fonction publique, ce n’est pas vraiment changer d’emploi. Qu’en pensez-vous ?

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour,
      Merci pour votre commentaire.

      Je comprends très bien votre situation. Dans le ministère pour lequel je travail, le taux de rétention des employés est assez faible car ils quittent pour d’autres ministères tout en restant dans la fonction publique.

      Je dirais qu’il faut faire la distinction entre « changer d’employeur » et « changer d’emploi ». Dans mon cas, mon employeur est le Conseil du trésor, et si je change de poste, de département ou même de ministère, je garderai très probablement le même employeur.

      La question de la fidélité se pose donc différemment pour nous. Notre régime de retraite nous attache très fortement à l’employeur, mais nous avons énormément de liberté pour changer d’emploi et continuer de nous développer au sein de l’organisation.

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