La cuisine maison, est-ce vraiment plus économique?

Avec l’arrivée du beau temps, et le nouvel horaire de travail de ma conjointe, j’ai eu beaucoup moins de temps à consacrer à mon blogue. L’une des principales raisons pour cela est que ma conjointe termine son quart de travail après la fermeture de la garderie, et que, par conséquent, je dois aller chercher les enfants et faire le souper tous les soirs de semaine. Semblant de rien, ça vient limiter considérablement mes temps libres. Ajoutons à cela le souper en famille, les sorties au parc et la routine du soir, et je n’ai franchement plus beaucoup de temps à consacrer au blogue. 

Par contre, comme je suis un « foodie » et que j’adore cuisiner, je ne me plains absolument pas de ce rôle. Honnêtement, presque tous les soirs, nous mangeons mieux qu’au restaurant.

Cela m’amène à deux constatations de natures économiques depuis que j’ai recommencé à cuisiner : 1) Nous ne commandons plus de restaurant : une grosse économie. 2) Notre facture d’épicerie a explosé.

En raison de cette seconde observation, je me pose la question suivante : est-ce que cuisiner maison est vraiment plus économique ?

Coût d’entrée et coût par portion : Le premier élément à examiner est celui du coût initial pour une recette, lequel peut être un obstacle majeur pour les plus démunis. Bref, si votre cuisine est vide, que vous n’avez aucun ingrédient de côté, combien vous en coûte-t-il pour faire une recette.

Prenons par exemple l’un des repas les plus économiques possibles : des pâtes fraîches.

Je prends la recette pour 4 portions de Ricardo en exemple, il me faut : 625 mL de farine tout usage (313 g), une pincée de sel, 4 œufs et 15 mL d’huile d’olive.

Si je veux réduire le coût initial, j’ai donc probablement intérêt à acheter les ingrédients les moins dispendieux possibles. Disons que je fais mon épicerie sur le site d’IGA, cela me demande :

  • Un sac de farine tout usage de 2,5 kg : 5,29 $
  • Un pot de 350 g de sel : 2,79 $
  • Une boîte de 6 œufs : 2,49 $
  • une bouteille de 500 mL d’huile d’olive : 6,79 $

Soit un total de 17,36 $ ou 4,34 par portion.

Bref, si je ne cuisine pas souvent et que je perds mes surplus, ces pâtes pour 4 m’auront coûté 17,36 $. Et, à ce prix là, il n’y a même pas de sauce !

Et si on planifie mieux et que l’on gère nos surplus ? Bien entendu, on n’achète pas 2,5 kg de farine pour n’en utiliser que 356 g ! Il en va de même avec les autres ingrédients.

Supposons maintenant que l’on achète les formats ayant la meilleure valeur en fonction de la quantité afin d’obtenir le plus bas prix par portion possible.

Alors, mon panier d’épicerie ressemblera plutôt à ça :

  • Un sac de farine tout usage de 10 kg : 20,99 $ (0,21 $/100 g)
  • Une boîte de 2 kg de sel : 4,49 $ (0,22 $/100 g)
  • Une boîte de 30 œufs : 9,29 $ (0,31 $/unité)
  • 2L d’huile d’olive : 15,99 $ (0,80 $/100 mL)

Mon coût initial monte alors à 50,76 $, soit près du triple !

Par contre, comme je sais que je vais réutiliser tous mes surplus, surtout que ce sont tous des essentiels en cuisine, je peux maintenant calculer le prix uniquement de ce qui est utilisé dans la recette. Le reste ne sera pas perdu : raviolis, pâtés jamaïcains, gâteau, ce ne sont pas les idées qui me manquent !

Bon, on calcule :

  • 313 g de farine * 0.21 $/100 g = 0,66 $
  • Une pincée de sel : coût négligeable.
  • 4 œufs * 0,31 $/unité = 1,24 $
  • 15 mL d’huile d’olive * 0,80 $/100 mL = 0,12 $

Soit un total de 2,02 $ ou 0,51 $ par portion ! C’est dur d’être plus économique que cela. En achetant en gros et en assurant une bonne gestion des surplus, on arrive à vraiment faire fondre notre facture d’épicerie sur le long terme.

Cependant, cette stratégie demande un coût initial plus élevé et pourrait ne pas être accessible aux plus démunis. Encore un piège de la pauvreté!

Un jeu d’équilibre : Malgré la démonstration précédente, je ne sous-entends pas qu’il faut toujours acheter les plus gros formats. Si cela en vaut généralement la peine pour les ingrédients indispensables (comme la farine, le sel et l’huile), ce n’est pas toujours le cas pour les ingrédients moins utilisés, surtout s’ils sont périssables.

Par exemple, chez mon épicier, la boîte de jeunes épinards est présentement affichée à 5,49 $ pour 142 g (3,87 $ par 100 g) ou 5,99 $ pour le format de 312 g (1,92 $ par 100 g). Plus du double de la quantité pour seulement 0,50 $ de plus, ça semble être une aubaine. Sauf que, si vous n’utilisez pas cette quantité supplémentaire, vous avez plutôt jeté cet argent par la fenêtre.

Oui, ce n’est que 50 sous, mais si vous faites cela semaine après semaine avec plusieurs ingrédients, ça fait un montant assez élevé au bout de l’année.

Le secret : la planification Alors, à mon avis, le meilleur moyen de diminuer nos factures d’épicerie consiste à faire une bonne planification.

Le samedi matin, nous prenons donc le temps de faire consulter les circulaires des 2 épiceries près de chez nous pour voir s’il des rabais intéressants. On fait ensuite notre menu de la semaine en fonction de ces rabais. Pour les ingrédients qui reviennent d’une recette à l’autre ou qui ne sont pas périssables, nous achetons généralement les plus gros formats possibles (mais attention, ce ne sont pas toujours les meilleurs marchés, ça vaut la peine de regarder le prix en fonction de la quantité) et pour les ingrédients périssables ou que nous utilisons très peu, nous n’achetons que la quantité nécessaire.

Bref, nous diminuons le prix par portion en achetant des gros formats de farine et d’huile, nous diminuons notre coût initial en évitant d’acheter 2 fois trop d’épinards et cela nous permet également de limiter nos pertes autant que possible. C’est une question d’équilibre.

Il me reste cependant une autre question : plusieurs épiceries offrent des repas préparés pour des prix qui semblent très raisonnables et on peut se demander si c’est vraiment plus économique de les faire soi-même.

Je vais comparer 4 repas, de type et de prix différents, que nous pouvons acheter déjà préparés ou faire facilement à la maison : Pâtes, Ailes de poulet, Poulet au beurre et Bifteck français assaisonné vin rouge

1 — Pâtes

Présentement, sur le site d’IGA, les spaghettis les moins chers sont ceux de Catelli smart en spécial à 3.19$ pour 900g (environ 9 portions), ce qui revient à 0,35$ par portion. Cependant, le prix régulier est de 5.29 pour la même boîte, donc 0.58$ par portion. 

La recette de pâtes fraîche de Ricardo, que j’ai donnée en exemple précédemment, nous revenait à 0,51 $ par portion: 46% de plus que les pâtes en rabais et 12% de moins que celles à prix régulier. 

Je suis obligé de le concéder, les pâtes sèches en rabais sont nettement moins dispendieuses; cependant si on compare au prix régulier il est plus avantageux – et nettement meilleur – de les faire soi-même ses pâtes fraîches, à condition d’en avoir le temps bien entendu.

2 — ailes de poulet

Allons-y au plus simple, des ailes de poulet sel et poivre surgelées présentement affichées à 15,99 $ pour 12 morceaux ; soit 1,33 $ par aile. Mais, comme c’est un produit préparé et surgelé, il est taxable et son coût unitaire augmente à 1,53 $.

Pour ma recette, je vais avoir besoin de 16 ailes de poulet (13,99 $ ; c’est déjà presque le prix des ailes surgelées !), 2 cuillérées à thé de sel (moins de 0,01 $), 2 cuillères à thé de poivre (0,24 $) et 1,25 tasse de farine (0,33 $) pour un total de 14,57 $ ou 0,91 $ par aile.

Pour notre part, nous préférons les frire à sec (dans une friteuse à air ou un four à convexion), mais vous pouvez aussi les faire dans l’huile ce qui les rendra plus graisseuses et augmentera considérablement le coût.

Au final, nous sauvons 41 % en comparaison de la version surgelée !

Je retente l’exercice avec ma recette d’ailes barbecue. Et, considérant le miel et les épices nécessaires pour la sauce, elles me coûteront plutôt 23,22 $ pour 16 ailes, ou 1,45 $ par unité. À ma grande surprise, c’est quand même moins dispendieux que les ailes surgelées ! Je ne m’attendais honnêtement pas à ça.

3 — Poulet au beurre

C’est l’un des repas préférés de ma fille et est un incontournable chez nous. Présentement, sur le site d’IGA, je vois seulement 2 plats préparés de poulet au beurre surgelé : celui de Ricardo en spécial à 6,99 $ (prix régulier 8.49 $) et celui de la marque Compliments en rabais à 3,49 $ (normalement 3,69 $). Bien sûr, c’est taxable, donc ils reviennent à 8,03 $ et 4,01 $ respectivement pour des portions individuelles.

C’est assez dispendieux, mais la version maison l’est également : le poulet, le yogourt, les oignons, les tomates et la crème sont tous des aliments qui feront grimper la facture.

En fait, après avoir essayé de nombreuses recettes, l’une s’est démarquée particulièrement et est maintenant en première page de mon cartable de cuisine et celle-ci me revient à 29,44 $ pour 4 portions, ou 7,36 $ par portion : 84 % plus que la version Compliments et 8 % de moins que celle de Ricardo.

Mince consolation, faire mes pains maison (naan ou chapatis) ne coûtent que quelques sous pour une dizaine, alors que c’est 3,79 $ pour 5 à l’épicerie.

Notons que je n’ai goûté à aucun de ces deux plats surgelés, je ne peux donc pas me prononcer sur leur goût ni leur qualité.

4 — Bifteck français assaisonné vin rouge

Mon épicier l’offre en spécial en paquet de 2 pour « environ 9,69 $/unité » (autour de 400 g). Ça me semble vraiment raisonnable pour ce type de repas, alors je ne me sens pas très optimiste de pouvoir faire mieux. Ajoutons quand même les taxes et cela revient à 11,14 $ l’unité.

Mais, j’ai justement une bonne recette pour 4 et une boucherie pas trop dispendieuse dans mon cartier (où je peux prendre le faux-filet à 16,99 $ le kilo). Une fois que je rentre tous les ingrédients dans mon fichier Excel, et un supposant un vin pas trop cheap, je peux m’en tirer à 9,63 $ par portion pour un bifteck de même taille. C’est quand même un bon 14 % d’économie.

En conclusion :

J’ai comparé 4 types de repas, allant du plus économique (spaghetti blanc) jusqu’à un choix assez dispendieux (bifteck au vin rouge) pour finalement constater que, dans la grande majorité des cas, la version maison revient légèrement moins dispendieuse. Par contre, ce n’est pas une garantie. Notons cependant que la majeure partie de cette économie vient du fait que nous sauvons les taxes applicables sur les plats préparés.

Et, bien que j’aie présenté principalement des plats avec viande dans ce billet, j’ai aussi calculé des résultats similaires pour les plats végétariens que nous faisons régulièrement. Les aubergines, les courges musquées et le tofu de qualité ont souvent des prix similaires à ceux du porc ou du poulet.

Alors, pourquoi nos factures d’épiceries ont-elles explosé ? En plus de l’inflation, je pense qu’une partie de la réponse se trouve dans un excès d’enthousiasme de ma part. Trop excité d’être de retour dans la cuisine, j’essaie plusieurs choses et peine à me modérer. J’imagine que tout rentrera dans l’ordre très rapidement.

Pour finir, je vous laisse la liste de quelques-uns de mes livres de recettes préférés, vous remarquerez que j’ai une affection particulière pour la cuisine du Sud-Est de l’Asie, en particulier de l’Inde et du Sichuan. N’hésitez pas à commenter avec vos livres ou vos recettes préférées, ma conjointe et moi sommes toujours ravies de découvrir de nouvelles choses.

Les 5 livres de recettes les plus utilisés chez nous:

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